Que ce soit d’un côté ou de l’autre, il semble bien que la valeur du travail veuille renaître. Au risque de me voir attirer les foudres de ceux que je considère pour la majorité d’entre eux comme les restes d’idéalistes frustrés d’une époque révolue, j’oserai dire : il était temps !
Ces quelques lignes ne sont pas là pour dire tel candidat à la présidentielle est mieux que tel autre, mais bien pour marquer le fait que de l’âge d’or du “moins j’en fait mieux je me porte” est bel et bien terminé. J’en ai plus qu’assez d’entendre certaines personnes me dire : “moi je suis bien au RMI, je ne vois pas pourquoi je chercherai du travail” ou bien “j’ai assez travaillé, je vais m’arranger avec mon patron pour partir et profiter un peu du chômage”… non mais on est où là ? Est-ce que ces personnes ont conscience de faire partie d’un pays, et que le travail de chacun c’est ce qui fait la compétitivité d’un pays ? J’ai bien souvent trouvé Loïc un peu trop dur sur sa position à propos de la France, mais à bien y réfléchir, il était dans le vrai voir peut-être même un peu gentil.
Tout d’abord, il faut cesser de payer des gens à rien faire. Il y a de multiples petits services d’intérêt collectif que peuvent rendre les personnes en recherche d’emploi, contre leur allocation. La société d’assistés que l’on a mis en place depuis la fin des années 50 a fait de nous un pays mou, laxiste, attentiste, il est temps que cela change.
Dimanche j’ai vu un reportage en Chine sur la plus grande métropole du monde “Tching Tchang” construite de toutes pièces par le gouvernement Chinois afin d’équilibrer démographiquement le pays. 34 millions d’habitants, une hétérogénéité énorme (des paysans aux nouveaux milliardaires), mais tout le monde a du travail, parce que chacun se débrouille à faire des petits boulots d’un côté ou de l’autre. Là bas, ne pas travailler est un déshonneur, chez nous c’est devenu une fierté… Tout n’est pas bon à prendre en Chine, loin de là, mais voilà un pays Communiste qui nous donne des leçons en matière de développement économique.
Je ne dis pas qu’il faut supprimer les acquis sociaux, suffisamment de personnes se sont battues pour cela, mais il faut simplement les faire évoluer, comme les reste. Il en va de même dans la défense des droits des travailleurs… comment encore croire dans des concepts qui n’ont pas bougés depuis l’entre deux guerres ? Il serait temps de revenir à la réalité, de vivre avec son époque au lieu de s’arquebouter sur des positions extrémistes d’un autre temps. D’ailleurs au passage, je ne dis pas merci à la société “soixante-huitarde” qui nous a fait certainement gagner quelque chose d’un point de vue intellectuel (encore qu’en cherchant bien, je ne suis pas sûr que l’on trouve quelque chose), mais qui a fait glisser notre pays vers ce qu’il est devenu aujourd’hui, 40 ans plus tard : un boulet pour le développement de l’Europe…
Quand on prend un peu de distance, il est tout de même assez intéressant de voir à quel point la logique aujourd’hui défendue par ceux qui puisent leurs références dans le collectivisme, le partage, le social, est devenue totalement individualiste… Autrement dit, aujourd’hui il faut penser aux autres, mais seulement penser…
Travailler c’est aussi donner du temps contre de l’argent pour participer à l’évolution de son entreprise et donc de la société dans laquelle nous vivons.
Je suis toujours totalement incrédule devant les grèves programmées de certaines catégories de fonctionnaires, qui tombent tels des rites, chaque année, sans que l’on sache toujours pourquoi ou comment. Je me demande même s’il ne faudrait pas programmer quelques jours fixes, un peu comme des jours fériés pour intégrer les moments de grèves… ![]()
Pour l’avoir vécu de l’intérieur, comme prof, puis comme chargé de mission au sein d’une collectivité, je dois avouer ne jamais avoir participé à une grève. Pourquoi ? Simplement parce que toutes les explications que l’on m’a apporté à chaque fois me semblaient totalement à côté de la plaque, hors de propos ou bien même partisannes ou doctrinaires… je dois même avouer avoir eu honte parfois, oser bloquer la France pour une augmentation… dans la position où sont les fonctionnaires…
J’ai trop rencontré de responsables syndicaux qui ne voyaient dans leur rôle qu’un exutoire pour leur égo, un outil pour faire de la politique sans vraiment s’engager, un système de valorisation personnelle auprès de sa hiérarchie etc. bref, que des considérations très égocentriques derrière une forêt de bonnes intentions…
La bonne nouvelle, c’est que les principaux candidats pour l’élection présidentielle de 2007 prônent dans leur grande majorité un retour des valeurs du travail. Il est très honorable d’être le pays des droits de l’homme, mais il ne faudrait pas en oublier les devoirs de l’homme. Nous avons des responsabilités en matière économique, notamment de laisser notre société dans un état au moins aussi sein que lorsque nous l’avons intégré… c’est le même principe que celui de l’écosystème et de la protection de notre planète… oui nous avons des devoirs, parce que nous sommes dans une société de consommation, et que pour consommer, il faut produire, et pour produire, il faut travailler.
C’est drôle quand même la faculté de l’homme à se battre quand il n’a rien ou presque et la facilité avec laquelle il est capable de se transformer en consommateur latent quand il se sent trop protégé. En physique on a coutume de dire que l’homme apporte à la Terre une certaine quantité d’énergie que celle-ci lui restitue : c’est une forme d’harmonie naturelle des échanges énergétiques. Il est fort à parier que cet équilibre est certainement vrai à l’échelle planétaire et qu’ils y en a qui doivent sacrément en donner pour que nous puissions en consommer autant…
Pour reprendre une phrase d’une marionnette d’un homme politique connu : “Pays de merde…”… Parfois je me dis que pour entreprendre en France, il faut être soit complètement mazo soit schizophrène.















