Friday September 3, 2010

January 16, 2007

Présidentielles 2007 (1) : brèves de comptoir

bar.jpgComment observer ce qui se passe sur le net jusqu’aux présidentielles sans lancer une série de billets sur le sujet ? Voilà c’est fait, j’écris ce billet alors que le suivant est déjà fait… mais je viens d’assister à un spectacle comique de premier ordre…

Pour commencer par le commencement, il me semble qu’il faut aller chercher l’information à la source et au cours de mes déplacements à Paris, il y a une chose que j’adore faire : aller manger dans une petite “gargotte” et écouter les “brèves de comptoir”. Aujourd’hui je suis tombé sur des numéros qui me permettent donc de lancer mon feuilleton des présidentielles.
J’aurais eu le matériel, je faisais le podcast du siècle, un coup à être nominé aux Césars voir peut-être même aux Oscars (d’ailleurs petite note pour moi-même : le Podcast ne peut-il pas devenir un genre cinématographique comme le court métrage ?)

( presque tous les noms et toutes les fonctions sont inventés, presque) Il y avait là André, cadre dans une grande banque c’était écrit sur son blouson, Robert, ouvrier électricien et spécialiste de la politique politicienne, Philippe, patron d’une petite PME, Gérard (dit gégé) le patron du bar, Isabelle (Isa) la serveuse et Toby le chien et enfin Dudule, le moineau… il a son importance. ‘Désolé pour l’orthographe qui est censée redonner un peu l’accent de chacun…)

Robert : bon Gégé tu remets ça à ces messieurs… parce que quand le Sarko il sera là, terminé l’apéro, ça sera interdit !
Gégé : allez et c’est repartit…
Philippe : parce que tu crois que ta Ségo elle va nous emmener où exactement ?
André : mais ils sont tous pareil, pas un pour rattraper les autres, merci Robert, après c’est mon tour…
Robert : au moins la Ségolène, c’est une femme, et rien qu’ça c’est nouveau…
André : quoi, que la Ségo ça soit une femme ?
Isa : arrêtez les gars ne le poussez pas le Robert sinon il va encore piquer sa gueulante…
Robert : tu sais la p’tite, moi j’en ai vu de toutes les couleurs, alors un peu plus ou un peu moins… après Giscard, Mitrand, et l’autre grand nigaud de Chirac je vois pas c’qui pourrait ête pire…
André : Si, avoir l’autre facho au deuxième tour contre le postier : ça ça s’rait le ponpon…
Gégé : manquerait plus qu’ça…
Robert : non mais z’avez vu Sarko : presque 25 millons (en Francs sans doute) que ça coûte juste pour dire un truc que tout le monde savait… on vaut pas mieux que les ricains…
Philippe : oui enfin lui il le dit au moins… les autres on ne sait pas trop combien va coûter leur campagne…

Et là Toby le chien du bar se met à aboyer… en voyant les assiettes arriver.

Robert : tu vois même le chien y supporte pas qu’on parle de sarko
Gégé : laisse mon chien en dehors de tout ça, il fait pas d’politique lui…
André : moi j’voterai bien Bayrou, mais il est trop con (texto)… mais j’ai l’impression que c’est le plus honnête…
Philippe : moi je ne sais plus… la télé et les médias nous montent la tête alors on ne sait plus à qui se fier… tu verras bientôt que le mieux ce sera de regarder les guignols pour savoir…
Robert : mais enfin merde vous lui reprochez quoi à Ségolène ?
Isa : c’est vrai ça pour une fois qu’on a une femme qui peut être présidente…
André : moi elle me fait peur, j’la sent pas…
Gégé : bof, c’est la moins moche donc moi j’voterai p’tête pour elle…
Philippe : les gars, on ne peut pas voter pour un candidat parce qu’il est beau, merde, c’est pas possible, c’est celui qui va diriger notre pays pendant 5 ans bon sang !
Robert : ouais, ben moi c’est décidé ça sera Ségolène, c’est un peu comme la “Tatchère” efficace mais en douceur, mains de velour dans un gant de fer (là je suis mort de rire);
Gégé : ouais c’est vrai c’est une socialiste avec un peu de Sarkozy dedans (là j’ai faillit tout recracher…)

Là un moineau rentre par la porte ouverte : un habitué à priori :

Robert : tiens, voilà le moineau, t’as de la chance toi, il ferait pas si beau, tu s’rais resté dehors. Tu vois, ce moineau, personne n’aurait l’idée de lui faire du mal, ben ségolène c’est un peu pareil, alors que le Sarko c’est un peu comme ton chien, parfois on a envie de le caresser mais parfois il fait peur…
Philippe : heureusement qu’on n’est pas à la ferme…. enfin moi je lui donne pas de miettes à Ségolène… moi je vais voir mais pour le moment c’est Sarko : vous avez vu un peu ce qu’il a fait au niveau sécurité ?
Gégé : quoi les faux chiffres ???
Philippe : on peut pas dire que ça ne va pas mieux quand même ! Les français son bêtes, il faut toujours les punir pour qu’ils comprennent, résultat : plus de radars = moins d’accidents..
Gégé : t’as peur de mon chien ???
Robert : mais non hein mon Toby, mais de Sarko : oui… et puis moi, dans ma famille on a toujours voté socialiste depuis Jaurès…
André : moi ce qui me déplait c’est que depuis quelques années ils sont tous plus pourris les uns que les autres, pas un qui n’a pas une casserole…
Robert : ça c’est bien vrai… l’autre là le maire de Bordeaux, le chauve là où on comprend jamais rien de ce qu’il dit, il fait une connerie, il est privé de politique, y part en amérique, gagne plein de fric en écrivant des conneries et hop y revient et il est maire…. c’est normal ça ?
Philippe : c’est plus compliqué que ça Robert, tu fais de la politique politicienne là…
Robert : de la quoi ? non, j’dis juste que l’aut là c’est un truand et on le remet maire, c’est pas normal, demain moi si j’fais une connerie, j’irai pas faire de la politique politicienne en amérique hein…
Isa : bon messieurs vos verres son vides là…
André : allez c’est pour moi à la santé de la politique et des politiciens
Philippe : à la santé de ton chien Gégé
Robert : à la santé du moineau et de la Ségo
Gégé : à vot santé les gars
Philippe : en fait le vrai truc, c’est que les Français veulent que ça change, alors peut-être que la Ségolène part avec un avantage mais de toutes façons tous les éléphants seront dans le gouvernement, alors ça ne changera rien…
Robert : ben c’est pareil à droite avec les mamouth (sic)
Isa : moi c’est le front national qui me fait peur… vous vous rendez compte si il était président sui-là… il ferait pas bon à être noir ou arabe hein !
Robert : ouais mais en même temps il dit pas que des conneries et c’est pour ça que des gens l’aiment bien
André : Polpote, Marx, Lénine, Mao, ils ont tous dit des trucs pas trop bête, mais quand tu votes pour eux tu as tout, pas que les trucs intelligents, alors moi, c’est pas la peine, si il passe je me barre…
Philippe : c’est pas possible que les gens soient assez cons pour recommencer… j’y crois pas, quand tu vois le monde qu’il y a eu aux manif anti FN la dernière fois…
Robert : tu sais les gens qui vont voter y’en a pas la moitié qui savent ce qu’ils font… parfois c’est la lotterie
Gégé : ben on est pas dans la merde !
Robert : ouai

Fin

Il y a quelques déformations dans le texte… mais en grande majorité c’est ce que j’ai entendu… et encore sans les intonnations, les voix, les accents, les “gueules”… l’ambiance, c’était un grand moment de politique…eh oui, les élections se passent aussi dans les bars sur un bout de comptoir…

2 Responses to Présidentielles 2007 (1) : brèves de comptoir

Elle est très éclairante et même quasi-anthropologique cette histoire.
Entre ceux qui sont perdus au milieu de leurs désillusions passées et ceux qui pensent comprendre ce qui se passe, ça respire la navigation dans le brouilard.
On sent les gens en recherche de repères et c’est dans le XXe qu’ils les cherchent alors qu’on est au XXIe. Avec un contexte très 50′ dans l’ambiance on est en plein décalage. C’est révélateur !

Oui, au delà de l’envie de rire, je suis parti avec un certains désespoir au fond de moi… Un désespoir très relatif et qui concerne la capacité de 80% des électeurs à comprendre ce qui se passe réellement autour d’eux, et c’est comme ça que pour exprimer leur mécontentement ils finissent par voter pour n’importe qui…

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